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14/02/12 : pourquoi pas, après tout
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  Grand artisan d'une partie d'une intensité proche de la Pro A, le BBD a prouvé dimanche qu'il avait les moyens de conserver son leadership jusqu'au bout.
Oui, Boulazac s'est incliné de justesse dimanche. Un tout petit point qui fait le bonheur du CSP Limoges, complètement relancé dans la course à la première place de Pro B. Une minuscule unité qui ravit les amoureux d'un basket à suspense, puisque l'intérêt de la division en aurait pris un sacré coup en cas de succès du BBD en Haute-Vienne. Désormais, les joueurs de Sylvain Lautié et ceux de Frédéric Sarre se retrouvent sur la même ligne, à l'orée d'un sprint final de treize journées (lire classement ci-dessous).
Si les Périgourdins devancent malgré tout leurs concurrents de quelques orteils, ils ne veulent toujours pas entendre parler d'une éventuelle place de leader lorsque le buzzer final de la saison retentira. « Je reste persuadé que Limoges finira en tête, clame l'entraîneur local. J'avais d'ailleurs dit que je serais leur premier supporter, même si je ne m'attendais vraiment pas à conserver le point-average. »
Lautié supporter du… CSP Une remarque intéressante à décrypter. Le prévoyant Sylvain Lautié avait songé à tous les scénarios, sauf celui-là. Il avait anticipé une victoire à Limoges, qui aurait confortablement installé ses hommes dans un fauteuil molletonné pour leurs fesses musclées. Là, lui et les siens n'auraient pas pu se planquer.
Il avait également songé à une défaite de plus de quatre points, l'écart du match aller. Le CSP aurait repris la tête, laissant le BBD dans l'ombre de la lutte pour la médaille d'argent.
Mais c'est un troisième scénario qui s'est dessiné dans l'enfer d'un palais des sports de Beaublanc qui résonne plus qu'une cathédrale. Limoges a mangé le gâteau, sans dévorer la cerise. Le BBD a conservé un point-average qui pourrait s'avérer précieux en cas d'égalité lors de la 34e levée. D'où l'hésitation dans les propos de Sylvain Lautié. Il sera le « premier supporter de Limoges », mais force est de constater que son équipe reste complètement dans la course pour la montée directe en Pro A.
Le jeu du BBD plus rôdé Évidemment, ce n'est pas l'objectif avoué du club. En octobre, on ne disait rien du côté du Palio. Un mois plus tard, sans défaite au compteur, Jacques Auzou et sa bande ont consenti a lâché le mot « play-offs ». Logique. Légitime. Maintenant que la présence du BBD dans le grand huit final ne fait guère de doutes, le staff parle de top 4. Avec quatre victoires d'avance sur l'actuel cinquième, le discours tient la route.
Mais vu la qualité des prestations offertes par les Périgourdins, notamment lors des deux confrontations contre Limoges, ne doivent-ils pas livrer ouvertement la bataille pour la première place ? Sans doute y songent-ils, tout en se gardant bien de l'annoncer. D'autant que leur dégringolade de la dernière saison avait débuté après la… 21e journée.
Les Limougeauds, malgré une fin de calendrier plus adaptée, ne croient guère à un deuxième camouflet consécutif du BBD. Ils craignent cette équipe de Boulazac, complète et capable d'appliquer la même intensité des deux côtés du parquet. Une formation qui dispose d'une longueur de banc intéressante, d'un effectif qui se connaît par cœur. Surtout, ils se méfient de l'état d'esprit irréprochable des Périgourdins. D'où une joie relative dimanche, pas « totale » dixit Raphaël Desroses. « Chaque joueur s'efface au profit du collectif, constate l'ailier. Ce sont vraiment dix mecs qui sacrifient leurs stats pour un projet commun. »
Son entraîneur Frédéric Sarre ne dit pas mieux, lui qui loue les ressources morales de son escouade, malgré un « manque de liant ». Contrairement à Boulazac, qui possède un plus gros vécu collectif, « qui développe un jeu plus maîtrisé. » De quoi légitimement ambitionner de rester à jamais les premiers. |
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13/02/12 : Ayers était pourtant là
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  Insolant d'adresse dans le 4e quart, l'ailier a permis aux siens de recoller. En vain.
Pour les Américains, la pression, c'est dans les pneus. Et certainement pas sur le parquet, où ils ne la ressentent que rarement, à l'instar de Ryan Ayers. L'ailier est un sniper au sang-froid. Celui qui coule dans ses veines ne doit pas excéder la température extérieure du moment. A chaque déflagration, son visage ne s'émeut pas. L'homme est là pour faire le job, pour sanctionner. Et il le fait, point barre.
Hier, alors que le BBD accusait onze longueurs de retard dans le quatrième quart-temps, que la partie semblait perdue pour de bon, Ayers a dégainé son fusil longue-portée, utilisant quatre cartouches. Toutes ont fait mouche. De 8 points à l'entame du money-time, le fils de Randy, coach NBA, a porté son total à 24 unités au buzzer final. Insuffisant pour offrir la victoire aux siens. Mais il s'en est fallu de peu.
16 points dans le 4e quart « Il est sorti du chapeau pour envoyer des shoots de très haut niveau », reconnaissait Frédéric Sarre. L'entraîneur adverse a frissonné autant que son capitaine, Raphaël Desroses : « J'ai bien cru qu'il allait nous punir pour de bon. » Son homologue Thomas Dubiez avait dressé le même constat. « On avait un gros Ryan (sic), qui enquillait sans cesse. Ça les a fait douter. »
Frédéric Sarre ne dira pas le contraire, lui qui était même sensiblement agacé. « On est des gros ballots, soufflait-il après coup. Il fallait toucher le garçon, l'obliger à poser la balle au sol, ne pas le laisser faire un "catch and shoot" en permanence. Il n'y avait qu'un seul joueur à bloquer à ce moment-là, et on ne l'a pas fait. » Sauf à deux secondes du terme, avec remise en jeu pour Kerckhof et le BBD. « Il ne valait mieux pas que la balle arrive à Ayers », rigole Sarre. Car les siens l'auraient peut-être regretté. Au tableau d'affichage, comme dans les vestiaires après la partie, car le technicien n'aurait sans doute pas laissé passer cet ultime affront.
Qui n'aura pas eu lieu, au grand dam du principal intéressé, auteur de 16 des 21 points des siens dans le dernier quart-temps. « Je suis déçu car on pouvait gagner ici. On a signé un retour tardif, mais on était confiant. Moi, j'étais en rythme et mes coéquipiers me passaient la balle. Il fallait simplement garder la tête froide. » Déjà que son sang n'est pas bien chaud, on comprend mieux pourquoi il évoluait en Finlande la saison dernière. Brrr. |
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